Sarah Sze, Mudam, Luxembourg

Sarah Sze
Mudam, Luxembourg

11.02 - 16.09.2012
































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Communiqué de presse


Depuis une quinzaine d’années, l’artiste new-yorkaise Sarah Sze développe un travail d’une grande cohérence, qui a donné naissance à des installations fourmillant de détails et jouant avec la configuration spatiale. Ses œuvres, réalisées spécifiquement pour chacun des lieux où elles sont exposées, sont généralement composées d’une multitude d’objets de pacotille et d’usage courant, dont la sélection n’est nullement aléatoire mais effectuée au contraire avec une grande précision en fonction de leurs qualités formelles ou de leur polysémie.


Aux objets récupérés se mêlent de petites constructions faites à la main à partir de matériaux pauvres, tels qu’allumettes, fils ou papier, qui, grâce à leur ordonnancement presque archivistique, dessinent dans l’espace les lignes d’une composition savamment élaborée.


Les travaux de Sarah Sze créent des univers ouverts, à la diversité encyclopédique et archéologique. Ils possèdent la précision des constructions architecturales, évoquent des compositions picturales par la subtilité des formes et des couleurs, jouent des mises en abyme à la façon des sculptures aux perspectives multiples et offrent une dimension quasiment musicale. L’artiste orchestre une multitude de détails, développe des thèmes musicaux complexes, accorde des mélodies visuelles à des contrepoints formels au sein d’une composition d’ensemble à la monumentalité éthérée. Elle conçoit des paysages de nature abstraite inspirés de l’art des jardins sino-japonais qui, malgré l’apparente absence de hiérarchie entre les éléments, parviennent à guider le regard et à créer des mises en scène.


Conçues fréquemment pour des lieux discrets comme des escaliers, des cagibis, des recoins ou des embrasures de fenêtres, parfois en suspens et toujours d’une légèreté ludique, les œuvres de Sarah Sze posent des questions générales sur le rapport d’échelle, le grand et le petit, le lourd et le léger, le lointain et le proche. Elles interrogent leur propre temporalité, le degré de complexité de leur production, ou leur fugacité. Dans certains cas, elles questionnent le lieu où elles sont exposées, l’espace -idéel et matériel - de l’art dans lequel l’observateur pénètre, la plupart du temps sans y prêter attention. Elles incitent finalement ce dernier à se plonger dans une intense activité de contemplation et exige même de lui une conscience aiguisée quant au positionnement de son regard. De la même manière que les structures sibyllines des installations de Sarah Sze pourraient dissimuler une représentation abstraite de sa personnalité, elles permettent chez l’observateur une prise de conscience de son propre regard et, par ce biais, de son être. Immenses maquettes scientifiques de microcosmes élégants et méditatifs, les travaux de Sarah Sze semblent commenter nos comportements et notre rapport au monde.






































Exposition du 11 février au 17 mars 2012. Charlotte Fogh Gallery, Mejlgade 18 B -8000 Aarhus C (Danemark). Tél.: +45 29 29 71 05. Ouverture du mardi au jeudi de 12h à 17h, vendredi de 12h à 19h, samedi de 11h à 15h et sur rendez-vous.



































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Archives 1er semestre 2012