Voyages inachevés, Musée d’art contemporain, Oslo

Voyages inachevés
Musée d’art contemporain, Oslo (Norvège)
16.03 - 20.05.2012


























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Traduction du communiqué de presse E-Flux


Le titre de l’exposition Unfinished Journeys (Voyages inachevés) s’est inspiré des récentes acquisitions du musée d’art contemporain : la série des neuf troublantes vidéos de l’artiste Isaac Julien, Ten Thousand Waves (qu’on peut traduire par « Dix mille vagues » ou « Dix mille ondes »), qui relient avec poésie le passé et le présent de la Chine, l’installation envoûtante de Knut Adams, Abyss, qui nous propulse dans l’actualité d’un changement urbain drastique, la Traversée de l’Amazonie (Travelling Amazonia) de Marine Hugonnier qui a suivi le tracé de la voie programmée d’est en ouest à travers l’Amazonie qui n’a jamais été achevée, tout comme l’oeuvre de Runo Lagomarsino, We all laughted at Christopher Columbus, faisant allusion à une route pionnière mise en projet il y a longtemps. Présentant les oeuvres de 14 artistes de renommée internationale, l’exposition est dédiée aux voyages inachevés de toutes sortes : la quête inlassable de chacun d’une identité propre et de sa place dans le monde, les voyages dans le but de la recherche, la soif inépuisable d’un « objet de désir » ou de ressusciter des moments du passé, la migration et le désir d’appartenance, mais aussi l’envie de découverte et d’exploration concernant leurs revers, en termes d’exploitation et de colonisation.


Le deuxième volet de l’oeuvre de Bas Jan Ader, In Search of the Miraculous (A la recherche du miracle), constitue l’une des pièces phare de l’exposition. Conçu comme un projet en trois parties, un peu comme une recherche conceptuelle sur le topos du voyage romantique typique du « Bildungsroman ». La quête d’Ader s’est transformée en celle du héros tragique, pas seulement dûe à sa disparition en mer. Dans ce contexte, l’exposition adopte une position existentialiste, jouant avec un ultime recours au romantique, à l’utopie, à l’idéalisme et au miracle. Ce qui peut sembler anachronique à notre époque post-moderne, pragmatique et privée d’illusions, mais reste un thème cher à des artistes et des écrivains comme essentiel à la condition humaine. Le terme portugais « saudade » est peut-être le plus à même de saisir les multiples aspects de ce sens particulier de la nostalgie ou du désir de ce que l’on ne peut atteindre, la recherche mélancolique de notre place dans le monde ou notre profond désir de sérénité.
















































Exposition du 16 mars au 20 mai 2012. Musée d’art contemporain, Bankplassen 4 - Oslo (Norvège). Ouverture mardi, mercredi, vendredi de 11h à 17h, jeudi de 10h à 19h, samedi et dimanche de 11h à 17h.




























© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés

Il a été dit qu’au 21ème siècle, nous sommes tous des chimères, des hybrides, des « bâtards illégitimes » qui ne peuvent plus s’appuyer sur une histoire originelle complète. Nous sommes marqués par des langues différentes et des modèles incompatibles de civilisation. Ainsi l’idée d’une identité portée par des racines, du concept essentialiste de l’identité comme essence et origine du sujet doit être remplacée par une image de l’individu reflétant son parcours. La question « d’où venez-vous ? » devrait être remplacée par « où avez-vous voyagé ? » ou même « où sommes-nous en train de voyager ? ». L’identité se définit comme un voyage inachevé. Le titre de l’exposition peut être interprété comme une métaphore pour le problème de la constitution de l’identité.


De nombreux artistes présentés dans l’exposition jouent avec les questions de l’identité comme un voyage explicite dans l’espace géographique. Leurs voyages vers des lieux réels ou imaginaires définissent la vie comme un parcours agité de découverte, à la fois littéralement et métaphoriquement. Unfinished Journeys démontre également que le Heimweh (mal du pays) et le Fernweh (nostalgie de lieux éloignés) ne sont en fait pas deux émotions diamétralement opposées mais les deux faces d’un même souci. Leur principal dénominateur commun réside dans la notion de désir de se retrouver. Le retour de Robert Smithson dans sa ville natale, Passaic, est un voyage de découverte aussi perturbé que la recherche d’un lieu d’appartenance dans Klodi, par Adrian Paci, l’odyssée insondable de Knut Åsdam dans les quartiers en chantier aux abords du futur site des Jeux Olympiques à Londres, ou l’expédition de Rosa Barba vers une île - vraie et imaginaire - flottant vers la mer Baltique, pour n’en citer que quelques-uns. C’est la quête de se définir dans le monde qui les envoie vers des contrées lointaines et les ramène à la maison. Ils semblent tous d’accord sur un fait : il n’est plus possible de revenir chez soi et d’y rester.


Les artistes : Bas Jan Ader, Francis Alÿs, Chantal Akerman, Knut Åsdam, Rosa Barba, Rui Calçada Bastos, Stanley Brouwn, Kristina Bræin, Tacita Dean, Marine Hugonnier, Isaac Julien, Runo Lagomarsino, Helen Mirra, Adrian Paci, Robert Smithson, Fiona Tan.


Archives 1er semestre 2012