Odradek, Malmö Konsthall, Malmö

Archives 1er semestre 2018

Odradek

Malmö Konsthall, Malmö (Suède)

17.02 - 06.05.2018


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Communiqué de presse

 

Dans sa nouvelle "Les soucis d'un père de famille", publiée pour la première fois en 1919, Franz Kafka présente Odradek comme un protagoniste délibérément indéfini. C'est à la fois une chose, un objet, qu'il décrit comme un enchevêtrement informel de fils, et un être, un organisme vivant capable de bouger, de parler et même de rire. C'est aussi, et principalement, un mot, apparemment extrait de n'importe quelle langue. Odradek ouvre un champ libre à l'interprétation, mais en premier lieu, il met l'accent sur le potentiel du regard obligeant et du soin porté à l'animation de l'inanimé, qui brouille les frontières entre l'objet et le sujet.





























 


















































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Odradek, Malmö Konsthall, Malmö

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2018. Tous droits réservés

Exposition du 17 février au 6 mai 2018. Malmö Konsthall
S:t Johannesgatan 7
SE-205 80 Malmö (Suède).



 







 











 





 



























 





 











L'exposition Odradek à Malmö Konsthall invite huit artistes dont les œuvres transgressent pareillement les dualités fixes entre le sujet et l'objet, et qui tendent à inclure le spectateur dans des dispositifs caractérisés par l'attention, le soin et la participation. L'exposition vise à établir des liens et tisser des affinités entre les pratiques de ces artistes de divers horizons et générations: Nairy Baghramian (né en 1971, Iran), Katinka Bock (née en 1976, Allemagne), Henri Jacobs (né en 1957, Pays-Bas ), Laura Lamiel (née en 1948, France), Judith Scott (née en 1943, décédée en 2005, États-Unis), Hassan Sharif (né en 1951, décédé en 2016, Émirats arabes unis), Oscar Tuazon (né en 1975, États-Unis) ) et Franz Erhard Walther (né en 1939, Allemagne).

Les sculptures de Judith Scott sont faites d'objets du quotidien qui ont été diligemment combinés, entrelacés et tissés ensemble sous des couches de tissus et de fils. Son travail les transforme en objets organiques emmêlés, qui à la fois cachent et révèlent leurs différents composants.

La série d'oeuvres de Hassan Sharif intitulée Books and Boxes fait également référence à la notion de confinement et passe par l'accumulation de la matière. Il compose des œuvres à partir d'objets trouvés, de marchandises produites en série qu'il achète dans les marchés et les magasins, les empilant ou les plaçant dans des boîtes ouvertes ou fermées. Sharif a fait émerger un tableau du surplus inhérent à la production de masse.

Les travaux récents de Laura Lamiel articulent des structures minimales avec un vocabulaire psychologique d'objets intimes, soigneusement archivés et exposés par l'artiste. Ici encore, montrer implique aussi de se cacher et de cacher. Des piles de cahiers, des vêtements pliés et attachés avec de la ficelle, du tissu enroulé ou rangé dans des valises, sont accumulés comme dans une archive.


Les carnets de dessins de Henri Jacob nous alertent sur l'aspect temporel du processus artistique et sur l'ensemble des règles personnelles que l'artiste s'impose à lui-même. Ils sont construits en fonction d'actes de composition systématique et méticuleuse, accumulés comme un journal intime abstrait et des archives de soi.

Vivre les limites d'un espace produit un effet physique sur le spectateur. La cabine de lecture d'Oscar Tuazon suggère un endroit où se cacher, un endroit solitaire pour réfléchir et observer de loin.

Les œuvres textiles minimalistes de Franz Erhard Walther plongent et impliquent à l'dentique le spectateur dans l'espace et la couleur. Le public est invité à comprendre la potentialité de l'œuvre comme pliée ou dépliée, inerte ou activée. Ses œuvres seront interprétées à des moments précis de la période d'exposition.

Les pratiques sculpturales de Katinka Bock et de Nairy Baghramian portent toutes deux sur des idées de support et de soutien. Suspendues dans un équilibre précaire, ou insistant sur les rapports d'opposition qui se produisent entre les propriétés du liquide et du solide, du durci et du dissous, les sculptures de Bock exigent un soin constant pour protéger et maintenir leur fragilité. L'ensemble Fluffing the Pillows de Nairy Baghramian confronte la fonction et la forme, la douceur et la solidité, suggérant une équivalence entre les corps handicapés et leurs prothèses de soutien.

Odradek sera encadré par une série de conférences et de conférences d'artistes. L'exposition est co-organisée par Malmö Konsthall et François Piron, commissaire et critique indépendant basé à Paris. Piron a organisé plusieurs expositions et projets pour des institutions artistiques bien connues, tels le Palais de Tokyo et la Maison Rouge, Paris, la Fondation de Serralves, Porto, le Musée Reina Sofia, Madrid, et Kunstnernes Hus, Oslo.



Judith Scott, Untitled, 1990. © and courtesy Creative Growth Art Center, Oakland, California, USA.



Judith Scott, Untitled, 1990. © and courtesy Creative Growth Art Center, Oakland, California, USA.