Nature et dérision, CACLB, Montauban-Buzenol

Nature et dérision
CACLB, Montauban-Buzenol (Belgique)

08.07 - 14.10.2012












Précédent Suivant

Extraits du dossier de presse


Cet été à Montauban, la toujours verte Dame Nature a invité sa jeune cousine de la ville, Mademoiselle Dérision, dont on connaît les bonnes petites vertus régénératrices – les regards en coin, le sourire caustique, les réparties cinglantes et cet enjouement à faire feu de tout bois – il n’en manque pas dans la région !


Les œuvres en extérieur (accessibles en permanence du 8 juillet au 14 octobre 2012)


Stéphane Cauchy, Installation

Site bas de Montauban-Buzenol – en fonctionnement durant les heures d’ouvertures du bureau des forges

Perché à 12 mètres de haut, au bout d’une rampe d’acier installée sur l’étang, un seau se remplit d’eau puis bascule : l’eau tombe brutalement, traçant un bref sillage dans le ciel qui se referme aussitôt – une vision d’étoile filante en plein jour. Comme les autres dispositifs mécaniques – statiques ou dynamiques – conçus par Stéphane Cauchy, cette installation technique est bien plus qu’une simple opération de laboratoire à ciel ouvert, qui convoquerait seulement l’observation d’un liquide dans l’air. Si l’eau, soudain, se fait étoile filante, c’est donc une étoile à trois branches : la réflexion qu’elle propose est de nature théorique, onirique et symbolique. Théorique parce que c’est bien une expérimentation au travers d’un dispositif mécanique susceptible de nous livrer l’une ou l’autre des propriétés physiques du mouvement généré par une action mécanique simple ; onirique parce que ce mouvement, dans sa placide répétition et son effet dans le réel ne manquent pas de susciter une émotion plastique et poétique ; symbolique enfin, car la relation initiée dans la rencontre entre ces trois dimensions, physique, plastique et poétique, nous invite à porter notre interrogation au-delà de ce dispositif : il en va ici des parallèles, des similitudes et des contradictions à l’œuvre dans ce qui, à notre tour, nous relie au monde, aux autres et à nous-mêmes.


Cornelia Konrads, Installation

Site bas de Montauban-Buzenol (étang)

Autour de la première île que l’on aperçoit sur l’étang du site en descendant de Buzenol, un large récipient – grandeur Nature – émerge à la surface de l’eau, et semble engloutir l’îlot. D’entrée de jeu, l’installation de Cornelia Conrads plonge le paysage de Montauban et son visiteur dans le vif du sujet : la suspension des catégories de pensées et de jugement que provoque l’indécision où nous place soudain la vision de ce morceau de paysage en immersion, dans lequel on reconnaît confusément quelque chose qui nous concerne. A l’instar des autres installations éphémères ou permanentes que l’artiste allemande réaliser depuis une dizaine d’années dans des espaces publics, des parcs de sculpture ou des jardins privés, un peu partout en Europe et sur d’autres continents, cette installation se fond complètement dans le lieu investi : née du paysage, elle en emprunte la densité, en épouse la forme, pour mieux s’y dissoudre et rafraîchir en nous la vision du lieu où l’on se trouve ainsi confronté à l’étrangeté d’un très léger désordre des choses…






































English


Exposition du 7 septembre au 2 novembre 2012. Rio de Janeiro, divers lieux (Brésil).

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés


Expositions internationales en cours

Le nom OiR, "Rio" épelé à l'envers, se réfère précisément à l'idée de penser à la ville d'une autre manière. Le projet vise à relancer et rafraîchir la tradition d'appeler le regard d'un étranger sur le paysage de Rio de Janeiro, initiée lorsque les aventuriers et les explorateurs européens des premières expéditions ont amarré leurs bateaux dans la baie pour tenter d'explorer et de traduire les mystères de ce nouveau territoire. Plus récemment, cette tradition a été reprise dans les essais de penseurs illustres tels que l'anthropologue franco-belge Claude Lévi-Strauss et l'écrivain autrichien Stefan Zweig.

Selon Dantas, l'art public a aussi un aspect social important, car « il rassemble les gens de différentes classes sociales autour d'un concept qui leur redonne la faculté d'ouvrir les yeux à la nouveauté et à leur patrimoine propre, tout en créant des espaces uniques, des lieux de réunion et des points de repère dans la ville. »

Les oeuvres réalisées dans la phase initiale du projet sont inspirées par le thème "Le Milieu", qui, selon les mots du conservateur, se concentre sur « l'espace que nous occupons, ce qui nous unit.. »







Exposition du 8 juillet au 14 octobre 2012. Centre d’Art Contemporain du Luxembourg Belge, site de Montauban-Buzenol – rue de Montauban – 6743 Buzenol - Etalle (Belgique). Tél. : +32 (0)63 22 99 85. www.caclb.be









© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2012. Tous droits réservés

Jérôme Considérant, Installations

Montée menant au site archéologique de Montauban-Buzenol et musée lapidaire

Avec malice et une fine pointe d’animisme, Jérôme Considérant ne cesse de ruser avec tous les codes de bonne conduite qui, sous la forme d’une signalétique neutre et universelle, prolifèrent dans l’espace public pour y régir la bonne circulation des corps. Subjectivant ses figures épurées bien reconnaissables, ils leur donnent vie. Et voilà que ces personnages anodins, de simples figurants de la vie dans la cité, se font acteurs de la leur propre – non sans venir enjouer la nôtre, par un effet de miroir. Son encyclopédie visuelle trouvera à Montauban de nouvelles déclinaisons pentues : sur le chemin qui relie les deux sites, on doit s’attendre à quelques glissades de sens, de l’universel au singulier, pour les plus grands plaisirs de l’œil, de l’esprit et de leurs (d)ébats. L’humour a aussi son écologie : quand la dérision se met au vert, cela vous dégrise d’un seul coup d’œil tout l’art contemporain…


Aurélie Slonina, Installations

Site haut de Montauban-Buzenol (plaine) + halles à charbon (site bas)

Dans les Halles à charbon, les Mauvaises herbes d’Aurélie Slonina reproduisent avec malice, suivant un plan de jardin à la française du 17ème siècle, un parterre de broderie dont la particularité est d’être entièrement composé de mauvaises herbes – des ronces, des orties, des pissenlits, des chiendents, des charbons et d’autres touffes de plantes inconnues auxquelles on ne prête d’ordinaire guère attention. « Une mauvaise herbe, c’est une herbe dont on n’a pas encore trouvé à quoi elle servait », notait Jules Renard à la fin du 19e siècle. Il aura donc fallu attendre Aurélie Slonina pour qu’une réponse fleurisse comme un sourire naturel au coin des lèvres. Enfin, sur la plaine qui domaine le haut du site, un désodorisant monumental, libéré de son cadre domestique et de son usage sanitaire, achève en beauté ce travail de dépollution de notre imaginaire accompli avec brio par l’artiste. Avec Fraîcheur végétale, c’en est bien fini de notre idéal de salon (des arts ménagés) : il s’évapore purement et simplement dans la nature.


Archives 2ème semestre 2012