Knut Henrik Henrisen, Echos, Centre d’art et Mairie de Bergen

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Archives 2ème semestre 2012

Knut Henrik Henrisen, Echos
Centre d’art et Mairie de Bergen (Norvège)
14.09 - 04.11.2012 et 2013






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Traduction du communiqué de presse E-Flux


Pour la première exposition d’automne de la Bergen Kunsthall également « hors les murs », l’artiste Knut Henrik Henriksen va travailler en relation avec l’un des plus célèbres bâtiments architecturaux de la ville de Bergen, sa mairie, très controversé depuis le début de sa construction en 1968.


La conception architecturale de l’hôtel de ville est le sujet principal du travail d’Henriksen pour une double exposition. Avec des matériaux peu coûteux, les deux projets s’installent dans l’espace public comme des réorganisations temporaires de situations architecturales existantes. Avec des repères conceptuels tels le doute architectural ou la frustration architecturale, Henriksen crée des installations in situ dans l’espace, entre sculpture et architecture.


L’origine du projet est le traitement caractéristique du matériau sur la façade de la mairie. Dans les années 1950, l’architecte Erling Viksjø a déposé un brevet international sur le soi-disant « béton naturel », qui laisse les cailloux utilisés dans le moulage du béton apparaître en surface.


Le premier volet de l’exposition a pour titre Echos et se compose d’une série de sculptures assemblées sur la façade de la Kunsthall et pouvant être interprétées comme des « ondes sonores architecturales » où des éléments du bâtiment de la mairie surgissent sur la façade du centre d’art comme un écho. La Kunsthall devient le miroir de la marie dans la mesure où les deux bâtiments se situent de chaque côté d’un espace urbain ouvert autour du lac Lille Lungårdsvann.


Prenant son modèle dans les détails architecturaux de l’Hôtel de Ville, Henriksen utilise les dimensions et mesures des dessins originaux de Erling Viksjø, mais réinscrit ses formes dans une série de sculptures abstraites. Les sculptures sont indépendantes de la fonctionnalité de l’architecture et totalement émancipées de leur origine comme faisant partie intégrante d’une construction. L’exposition est un processus informel, mélange inapproprié de deux monuments architecturaux, où la façade du centre d’art fonctionne comme une toile recevant les formes sculpturales qui ont « déteint » de la maire, de l’autre côté de l’eau.


Comme l’écho dans la nature, où des fragments de paroles sont repris dans une série de répétitions, la composition est aussi composée chez Henriksen de répétitions. Ce principe de répétition s’inspire de l’architecture de l’hôtel de ville de Bergen, où Viksjø a fait usage de la répétition à travers différents modules, comme un élément essentiel de la conception de sa façade.


Les sculptures sont faites de panneaux de coffrage, matériau utilisé dans la production de béton coulé. L’exposition peut donc être considérée comme une présentation de « travaux potentiels » délimités par des panneaux de coffrage, comme l’avancée de quelque chose chose qui puisse devenir une structure de béton achevée. L’œuvre Notes to Stones, deuxième partie du projet, doit par ailleurs incorporer des œuvres coulées dans le béton selon la méthode de Erling Viksjø.


L’nachevé, l’incomplet, ou le redéfinissable sont le concept qui traverse toute l’œuvre artistique de Knut Henrik Henriksen. Il déploie activement l’élément de doute qui existe dans toute architecture. Un bâtiment achevé est souvent considéré comme la matérialisation physique d’une vision architecturale, mais il est souvent le résultat d’innombrables redéfinitions, d’adaptations sur le site et de compromis pragmatiques. Les travaux d’Henriksen se frayent un chemin entre le fixe/établi et l’ouverture/redéfinition dans l’espace public. Le doute et la frustration souvent inhérents à de grands projets architecturaux deviennent alors le point de départ de la définition de ses sculptures. Certains des éléments formels de la façade de la mairie qu’utilise Henriksen sont des détails qui se révèlent essentiels à l’appréciation générale de l’architecture achevée mais qui devaient d’abord avoir été pensés et conçus lors du processus de construction, plus pour des raisons pratiques que comme une idée initiale, préconçue.




Exposition du 14 septembre au 4 novembre 2012 et en 2013, dates non communiquées. Bergen Kunsthall; Rasmus Meyers allé 5 - 5015 Bergen (Norway). T. +47 55 55 93 10.






Echos souligne cette évolution dans la distance entre l’idée et sa réalisation. L’expression « La forme suit la fonction » en provenance de l’architecture moderne et du design industriel, ne fonctionne plus

Lorsque l’architecture, comme ici, se détache de sa fonctionnalité. A contrario, les formes architecurales surgissent, émancipées avec leur propre capacité de s’interroger sur la situation de l’espace architectural et urbain dans lequel elles sont inscrites.






Knut Henrik Henriksen, Arch, 2011. Wood, Installation view : The Go-Betweens and A Black Avalanche, « Elastic, Malmö, S. Image courtesy Hollybush Gardens, London, UK; Sommer&Kohl, Berlin, DE


Knut Henrik Henriksen, Arch, 2011. Wood, Installation view : The Go-Betweens and A Black Avalanche, « Elastic, Malmö, S. Image courtesy Hollybush Gardens, London, UK; Sommer&Kohl, Berlin, DE