Archives 1er semestre 2015

Au-delà des frontières, 5ème édition de la Triennale de Beaufort

Domaine provincial Raversyde, Ostende (Belgique)

21.06 - 21.09.2015


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Extraits du dossier de presse


La zone protégée du Domaine provincial Raversyde, situé près de l’aéroport d’Ostende, héberge des vestiges du Mur de l’Atlantique construit par l’Allemagne nazie durant la seconde Guerre mondiale, mais également le musée archéologique ANNO 1465 où en extérieur ont été reconstituées quatre maisons de pêcheurs reconstituées du village médiéval Walraversijde, ainsi qu’un parc nature de plus de 30 hectares.











































Au-delà des frontières, 5ème édition de la Triennale de Beaufort, Domaine provincial  Raversyde

Quelques projets d’artistes


Nicolas Provost, The Invader and The Origin of the World – 2011

En 2011, Nicolas Provost a sorti son premier long-métrage, L’envahisseur. Ce film raconte l’histoire de l’immigré africain Amadou qui échoue sur une plage quelque part dans le Sud de l’Europe. La première scène montre une femme blonde nue, qui se promène sur cette plage avec d’autres naturistes. Ce début de film constitue la vidéo The Invader and The Origin of the World projetée à Raversyde.


Lily van der Stokker, Het Groen Geruite Huis – 2015

Pour Beaufort, Lily van der Stokker fait subir une métamorphose étonnante à la Villa Bastien de Raversyde. La villa traditionnelle en briques passe d’un objet architectural à un canevas en deux dimensions, ce qui renforce le caractère pop de l’oeuvre. Tout l’extérieur de la villa est recouvert de deux motifs à carreaux blancs et verts qui font penser aux traditionnels torchons. Les motifs très reconnaissables ont été créés par l’artiste et appliqués tour à tour droits et de biais sur le toit et les façades. Le choix des couleurs n’est pas arbitraire. D’une part, elles donnent un peu de légèreté et de fraîcheur au contexte sombre du musée de la guerre. D’autre part, elles marquent un contraste criant entre la féminité du motif à carreaux et la masculinité des bunkers et des soldats. Le choix d’un motif minimaliste répétitif mais néanmoins ludique met davantage en valeur l’architecture du bâtiment, ce qui ne fait que renforcer l’association avec le camouflage disruptif, une technique utilisant des motifs géométriques complexes en couleurs contrastées très utilisées pendant la Première Guerre mondiale, qui visait plus à embrouiller l’adversaire qu’à camoufler les bateaux.


Marc Bijl, For The Aurae – 2015

Outre Two Miracles à De Nachtegaal, Bijl présente une nouvelle œuvre au domaine Raversyde. Le projet, intitulé For The Aurae, est une ode à la déesse de la brise. For The Aurae est une aile d’une vingtaine de mètres, une pale d’éolienne moderne. Elle symbolise aussi la politique consistant à remplacer d’anciennes éoliennes qui fonctionnent encore parfaitement, souvent en raison d’accords politiques avec l’industrie. L’artiste voit l’aile comme une « victime » de cette politique. Bijl l’offre temporairement à la brise, au vent et à la mer. L’aile tient lieu de symbole du rapport humain à la technique et au développement durables. La nature face à la science et homme avec ses dieux.


A Dog Republic, Iconostase – 2015

Sur la plage, face au Domaine provincial Raversyde, se trouve le Musée de la Mer ou Iconostase. Cette construction d’environ 700 anneaux métalliques érigée sur et autour du brise-lames est un prototype architectural grandeur nature et constitue la plus grande œuvre de A Dog Promenade pour Musée Promenade. Cette envergure est nécessaire car l’Iconostase noue un dialogue avec la mer, dont l’étendue anéantit tout gigantisme sur la côte. C’est la mer qui décide à chaque instant ce qu’elle expose : après chaque marée haute, elle laissera ses traces sous forme d’algues, de coquillages, de filets de pêche égarés et autres déchets, visibles uniquement à marée basse et renouvelés à chaque changement de marée. Une construction identique est installée à Blanckenberge, en face du phare.

Unicorn Drawing, 2015. La 2ème semaine d'août, A Dog Republic a réalisé sur la plage de Zeebruges un dessin avec des piquets en bois et des toiles de lin... un dessin qui bougera au gré du vent (voir galerie d'images).


Ingrid Luche, Morceau de Lune – 2015

Ingrid Luche crée pour Beaufort Morceau de Lune, d’après une œuvre éponyme de 1995, à une échelle beaucoup plus grande et avec d’autres matériaux sur la plage d’Ostende, visible depuis divers lieux d’observation à Raversyde. La construction en béton représente un fragment de la surface lunaire, reproduite à échelle humaine. À marée haute, la structure est partiellement submergée par l’eau de mer. Luche est partie du fantasme de pouvoir toucher la surface lunaire, mais vise aussi à modifier notre regard envers l’univers. Nous sommes tellement habitués à l’image de l’infiniment grand et de l’astronomique qu’il s’est transformé en une sorte de texture, d’objet domestiqué par l’homme : nous avons fait nôtre le paysage lunaire, au-delà de toutes les frontières. Après Beaufort, son œuvre intègrera la collection du Mu.ZEE à Ostende.


Kasper Bosmans, Hard to be Humble – 2015

Bosmans utilise certaines caractéristiques d’objets ou de phénomènes de la nature ou de notre quotidien pour les observer, les disséquer, les recontaxtualiser et éventuellement les présenter différemment. Arracher une tradition à son contexte pour lui donner un nouveau sens, c’est ce que fait Kasper Bosmans dans Hard to be Humble, son œuvre pour Beaufort.

La NATO Tiger Association a été fondée en 1961 pour renforcer la solidarité et l’esprit d’équipe entre les escadrons de l’armée de l’air des Etats membres de l’OTAN. Tous les logos des instances participantes portent l’effigie du tigre, symbole de puissance et de rapidité. Afin de créer un espèce de monument commémoratif en hommage à l’association, Bosmans a emprunté leurs symboles et leur esthétique pour son jardin de fleurs sur la pelouse devant les maisons médiévales de Raversyde : 13 000 tagettes, verveines et surfinias créent des motifs représentant les symboles des escadrons. Il place ainsi sa sculpture dans le contexte de la tradition victorienne, où le parterre de fleurs une fonction commémorative ou festive. Dans le contexte de Beaufort, Bosmans veut faire le lien avec le rôle évolutif de la défense aujourd’hui, en l’éclairant de façon non conventionnelle. Les parterres de fleurs donnent à l’alliance militariste des forces armées une connotation folklorique, festive et amicale.


Thorsten Brinkmann, Kista del Sol - 2015

Birkmann a réalisé une grande caisse en bois au milieu de la pelouse de la place d'appel à Raversyde. L'installation semble un objet égaré parmi les bunkers et l'artillerie du musée de la guerre. cette caisse est faite du même bois qui celui généralement utilisé pour les caisses de transport et comporte les signes correspondants, comme les flèches noires indiquant la bonne orientation ou le mot "fragile" en lettres rouges. La caisse évoque des associations avec le transit, le transport et les échanges mondiaux. Cet objet, habituellement entouré de caisses similaires, se trouve à présent dans un environnement paisible et insolite, sur la côte belge. A l'intérieur, un couloir étroit mène à une petite pièce délabrée, meublée et ornée d'objets trouvés, laissant supposer que cette pièce a été habitée, ou qu'elle l'est toujours. Avec sa décoration vieillotte, ce petit refuge semble dater d'une autre époque, comme si la caisse et son résident avaient fait un voyage à travers le temps. L'installation, avec tous ces accessoires et indices mystérieux, soulève de nombreuses questions et quelques énigmes, sur le rôle du visiteur en tant que "voyeur", le fait de pénétrer dans et d'observer ce qui semble être un lieu privé et intime. Elle aborde aussi les questions de l'indépendance, de la temporalité, du refuge, de la fuite et du déplacement.








Exposition du 21 juin au 21 septembre 2015. Domaine provincial Raversyde, Nieuwporrtsesteenweg 636 - 8400 Ostende (Belgique).

Ouverture tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h.

Cyrus Kabiru, The End of Black Mamba I - 2015 - Vidéo - 04:49 minutes

The End of Black Mamba I est le premier d’une série de documentaires consacrés au déclin du vélo sans vitesses au Kenya. L’artiste estime que durant les années 1980 et 1990, 80% des Kényans utilisaient ces vélos emblématiques – pratiquement chaque ménage avait un ‘Black Mamba’. En 2014/2015, ce pourcentage a chuté sous les 30%, car les gens remplacent leur vélo par des scooters et des motos fabriquées en Chine. En souvenir de ces vélos, Kabiru a lancé un projet où il recycle des vélos archaïques et mis au rebut, pour les transformer en assemblages sculpturaux uniques. Filmé dans une ferme floricole non loin du Mont Kenya, Kabiru parle aux cyclistes restés fidèles à ce moyen de transport traditionnel. Cette génération prône le ‘Black Mamba’ pour sa fiabilité et ses bienfaits au niveau de la santé, persuadée que les remplaçants du vélo, les scooters et les vélos chinois, apportent la maladie et la mort. Dans ce film, Kabiru joue délibérément le rôle de l’antagoniste, considérant que le ‘Black Mamba’ est effectivement voué à disparaître des routes kényanes.


Lucile Desamory, Wild Inconsistency – 2015

L’artiste et cinéaste Lucile Desamory explore l’inexplicable et l’étrange. Elle installe son diorama dans un pavillon de bois pourvu de quelques ouvertures. Éclairé par la lumière du soleil à travers les petites fenêtres en vitraux peints, le spectateur peut y observer des images présentant une histoire fictive, imaginaire. Des figures en papier, matériau de prédilection de l’artiste, peuplent la boîte à images et donnent à l’ensemble une impression de collage. Comme une toile grandeur nature, elle montre des images fantomatiques, assez absurdes.


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