Dossier

La 57e Biennale d’art contemporain de Venise - Les Giardini

13.05 - 26.11.2017

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Communiqué de presse

 

Aux Giardini. L'espace le plus vaste du pavillon central était consacré à l'atelier artistique d'Olafur Eliasson, Green Light. Présenté à TBA à Vienne en Autriche l'an dernier, l'atelier artistique répond aux défis posés par les déplacements massifs et les migrations, en mettant en lumière les demandeurs d'asile, les réfugiés et les migrants. Les participants apprennent à fabriquer des lampes à lumière verte conçues par Eliasson et participent à un programme éducatif plus large de créativité et d'apprentissage partagé. À Venise, 80 participants d'un large éventail de pays - dont le Nigeria, la Gambie, la Syrie, l'Irak, la Somalie, l'Afghanistan et la Chine – ont participé à l'atelier, face  public, pour former et fabriquer les lampes vertes. Chacun des modules de lumière verte est fabriqué à partir de matériaux recyclés et durables - bois (déchets européens), pots de yaourt recyclés, sacs en plastique usagés, nylon et DEL vertes. ils sont conçus pour être empilables, fonctionnant seuls ou combinés pour créer des structures plus complexes. Le module Green light a une forme originale, basée sur le cube et le triangle d'or. Il a été inventé par Einar Thorsteinn, ami et  collaborateur de longue date d'Olafur Eliasson, dans le cadre des nombreuses études en géométrie qu'ils ont entreprises au studio. La proposition de l'artiste albanais Edi Rama (Sans titre) sur l'immense fronton intérieur de la salle qui offre à l'atelier une forte dynamique visuelle fait sur ArtCatalyse l'objet d'une page spéciale.



























 


















































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La matière envahit partout dans l’Arsenal avec des techniques très diverses (troncs d’arbre en cire blanche, photographies d’archives, chaussures érigées en espace de culture par le Français Michel Blazy, peintures et sculptures doncen tous genres aux dimensions à peu près équivalentes). Une halte s’imposait avant la fin de la visite pour découvrir la vidéo teintée à la fois d’humour et de mélancolie de la Turque Nevin Aladağ, Traces. Cette installation vidéo HD trois canaux a vu le jour en 2015 à Stuttgart, la ville où a grandi l’artiste. Celle-ci utilise le même type d’instruments de musique que les musiciens (de rue) locaux pour faire résonner l’espace urbain – squares, principaux lieux de promenades, de rencontres et de commerces. Mais ici, l'orchestre ne met pas en action des individus mais le mobilier urbain, un manège, un arbre, des trottoirs... qui commandent l’interaction avec les instruments de façon faussement aléatoire pour créer de brefs bruits surprenants. L'architecture urbaine dans sa statique dialogue sans le vouloir avec l'objet éphémère dans une composition visuelle et musicale minutieusement organisée.







 











 











La 57e Biennale d’art contemporain de Venise - Les Giardini

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2017. Tous droits réservés

Le pavillon français a été transformé par Xavier Veilhan et les commissaires du pavillon, Christian Marclay et Lionel Bouvier, en un dispositif musical où des musiciens professionnels du monde entier, du classique à l'électronique, sont venus intervenir durant toute la manifestation et leurs prestations ont toutes été enregistrées. Car le Studio Venezia a été conçu à la fois comme un studio d'artiste et un studio d'enregistrement, avec des échanges quotidiens entre musiciens, ingénieurs du son, programmateurs et producteurs. Les visiteurs n'y ont pas été conviés à des concerts, mais à écouter, regarder et devenir témoins d'un matériel sonore en formation. Xavier Veilhan a été présent durant les sept mois de la Biennale pour observer l'activité dans le pavillon. «  J'ai imaginé un environnement total  : une immersion totale renvoyant à l'univers du studio d'enregistrement et inspirée par l'oeuvre pionnière de Kurz Schwitters, le Merzbau (1923-1937). […] Le pavillon opère une fusion entre arts visuels et musique, ravivant des références allant du Bauhaus aux expériences du Black Mountain College en passant par Station to Station de Doug Aitken  » – Xavier Veilhan. Le studio est une chimère, tout à la fois boîte à musique et grotte anéchoïque, une matrice organique et vivante qui réagit, vibre et réverbère les sons en fonction des processus de création et d'enregistrement qui s'y déploient. Il évoque la polyphonie du Pavillon Philips imaginé par Le Corbusier et Iannis Xenakis comme une enveloppe sensible et plastique. Mais il est ici tout de bois revêtu et génère une sensation de dilatation temporelle et spatiale particulière, où les instruments – tous ou presque également en bois  – parfois en attente d'être joués, se posent comme des objets de curiosité.


À la faveur d'invitations de plusieurs partenaires en lien avec l'Institut français, Studio Venezia sera présenté en juin 2018 au CCK de Buenos Aires puis à l'automne au MAAT, le nouveau musée d'art, d'architecture et de technologie de Lisbonne.


Dans le pavillon belge, l'oeuvre de Dirk Braeckman apporte un apaisement au milieu du torrent d'images et d'informations dans lequel nous sommes quotidiennement plongés. Avec la photographie analogique, l'artiste a développé un langage personnel qui affûte le regard et fait réfléchir au statut de l'image. Pour le pavillon belge, Braeckman propose une série de nouveaux tirages monumentaux sur papier baryté. L'exposition sera présentée en 2018 au palais des Beaux-Arts de Bruxelles et au musée M à Louvain. Sous le commissariat de Manuel Segade, Jordi Colomer propose dans le pavillon espagnol un dispositif vidéo et une installation immersifs «  à mi-chemin entre la sculpture précaire et l'architecture transitoire  ». Il y parle à travers ses vidéos de nomadisme, de voyage, d'errance, de transhumance ou d'égarement dans une myriade de courtes scènes réelles ou fictives. Les globes d'une terre meurtrie, en colère réalisés par Phyllida Barlow entourent le pavillon anglais dans lequel elle plante un décor en pleine décrépitude.