Expositions en cours

Hannah Levy, Sang bleu

Museo Nivola, Orani (Italie)

28.03 - 12.07.2026

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Communiqué de presse


Le Museo Nivola présente Sang bleu, la première exposition personnelle en Italie d'Hannah Levy. Sous le commissariat de Giuliana Altea, Antonella Camarda et Luca Cheri, l'exposition réunit un ensemble de sculptures inédites inspirées de la limule (Limulus), un arthropode marin à l'allure singulière qui a survécu pendant des centaines de millions d'années et dont le sang bleu est aujourd'hui largement utilisé pour garantir la sécurité des vaccins et des dispositifs médicaux.







































 


















































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Expositions en cours et à venir

Les sculptures de Levy mêlent métal poli, silicone translucide et verre, créant des formes sinueuses qui, évoquant une imagerie teintée de surréalisme, rappellent animaux, insectes et morphologies organiques, tout en suggérant subtilement l'élégance de l'Art nouveau et du design moderniste. S'inscrivant dans la lignée d'artistes tels que Meret Oppenheim, Louise Bourgeois et Robert Gober, Levy fusionne esthétique industrielle et imagerie naturelle pour susciter des présences à la fois séduisantes et troublantes.

L'œuvre centrale de l'exposition est une vaste structure tentaculaire en acier inoxydable et silicone. Elle évoque une canopée légère soutenue par de longs pieds élancés. Ses proportions font écho à celles de l'espace muséal et sa silhouette suggère à la fois un abri de plage et un squelette fossilisé exposé dans un musée d'histoire naturelle. Son revêtement étiré, semblable à une coquille épineuse, et ses pattes, inspirées de la morphologie de la limule, créent un organisme architectural qui habite la nef, telle une présence suspendue entre refuge et relique.

À côté de cette installation se trouve une série de sculptures en verre soutenues par des aiguilles métalliques. Ces formes, évoquant des créatures, apparaissent comme des corps en tension, suspendus entre l'état liquide et l'état solide. Une forme en verre, semblable à une coquille, s'étire sur de délicats supports, telle un animal cherchant refuge dans un nouvel habitat. Le verre, dans ces œuvres, témoigne d'une action passée, de sa transformation en fusion sous la pression de l'acier inoxydable, figée dans le temps.

Une autre œuvre se compose de coquilles en aluminium moulées à partir de l'échine épineuse de la limule, dotées de longues queues sculpturales imposantes et exagérées. Au sommet de ces créatures étranges, une coquille, retournée et remplie de verre bleu moulé, révèle l'anatomie du ventre de la limule. Façonnés selon la technique traditionnelle de la cire perdue, ces objets mêlent diverses pratiques artisanales ancestrales à un imaginaire vaguement préhistorique. Sur les murs, des éléments en acier inoxydable, évoquant des pinces, sont installés comme des appliques aux formes organiques : chaque paire de pinces agrippe une sphère irrégulière en verre soufflé bleu, conférant à l’ensemble une sensualité ambiguë, légèrement troublante.

Dans l’exposition, la limule joue un rôle central : une présence qui oriente chaque œuvre, même lorsqu’elle n’est pas immédiatement perceptible.
À la fois archaïque et étonnamment contemporaine, la limule est aussi fascinante visuellement que symboliquement. Souvent décrite comme un « fossile vivant », elle est restée quasiment inchangée depuis le Trias et porte en elle l’empreinte de la Préhistoire. Son sang d’un bleu vif contient du lysat d’amébocytes de Limulus (LAL), une substance essentielle à la détection de la contamination bactérienne dans les produits pharmaceutiques. Chaque année, des milliers de spécimens sont capturés, saignés puis relâchés en mer, un processus qui soulève des préoccupations éthiques et environnementales croissantes. Bien que toujours essentielle à la médecine aux États-Unis (dans l'Union européenne, un substitut synthétique a été approuvé en 2020), cette pratique soulève des questions urgentes quant aux limites morales de l'exploitation des ressources naturelles et à la responsabilité humaine envers les espèces dont dépend notre propre survie.

Le projet s'est développé en dialogue direct avec l'espace d'exposition du musée – l'ancien lavoir d'Orani – et avec la figure de Costantino Nivola. La nef, longue et étroite, le toit à pignons aux poutres apparentes évoquant des côtes et la forte identité architecturale du bâtiment ont constitué le point de départ de l'exposition. Lors de ses recherches, Levy a découvert un lien extraordinaire avec Nivola : c'est en jouant avec ses enfants sur la plage de Springs, à Long Island, que la sculptrice a expérimenté pour la première fois sa technique de moulage au sable si caractéristique. C'est sur ce même littoral qu’elle a collecté les nombreux spécimens de limules qui forment la matrice conceptuelle de l'exposition.

À l’instar de Nivola, Levy explore la frontière entre art et architecture et conçoit la sculpture comme une expérience spatiale et publique. Le volume rectangulaire et la clarté structurelle de l’espace contrastent avec les lignes courbes et vibrantes des sculptures. Au sein de cet environnement essentiel, les œuvres sont agencées comme des présences vivantes qui mettent en tension rigidité et douceur, naturel et artificiel, transformant l’architecture en une chambre de résonance pour les questions éthiques et les impressions sensorielles suscitées par l’exposition.

Blue Blooded – Sang bleu révèle la capacité d’Hannah Levy à construire des univers sculpturaux où technologie et nature s’entremêlent. L’exposition propose une réflexion sur la fragilité des systèmes qui soutiennent la vie contemporaine et sur la nécessité de repenser notre rapport au vivant.

Hannah Levy (née en 1991 à New York, où elle vit et travaille) crée des sculptures et des installations qui explorent les relations entre le corps, le désir et la matérialité. Son travail associe des matériaux industriels, notamment le métal poli, à des éléments tels que le silicone et le verre pour créer des formes évoquant à la fois les anatomies animales et végétales et des objets design. Elle a participé à la 59e Biennale de Venise, « Le Lait des Rêves » (2022), et a exposé dans d'importantes institutions et galeries internationales. Ses œuvres figurent dans des collections publiques et privées et ont été présentées lors de nombreuses expositions individuelles et collectives.







Hannah Levy, Untitled, 2025. Stainless steel, glass, 31 ×37 ×16 inches. Courtesy of the artist and MASSIMODECARLO. Photo: Adam Reich.

Hannah Levy, Untitled, 2025. Stainless steel, glass, 31 ×37 ×16 inches. Courtesy of the artist and MASSIMODECARLO. Photo: Adam Reich.

Exposition du 28 mars au 12 jullet 2026. Museo Nivola, Via Gonare n° 2 - Orani, NU 08026 (Italie).


 



























 





 











Hannah Levy, Sang bleu, Museo Nivola, Orani (Italie)

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