Expositions en cours

Triennale de Bruges 2021 : TraumA

Bruges, dives lieux (Belgique)

08.05 - 24.10.2021

PrécédentSuivant

Communiqué de presse


Du 8 mai au 24 octobre 2021, se réinstalle la Triennale de Bruges, un parcours artistique unique offrant à douze artistes et architectes nationaux et internationaux de présenter leurs œuvres au grand public. Pour 2021, la Triennale de Bruges a retenu un thème surprenant : TraumA, entre rêve et traumatisme.


 













































 






























































Avec TraumA, la Triennale de Bruges se plonge dans l’histoire « mystérieuse » et dans la réalité de Bruges. Cette édition explore la fine ligne de démarcation entre le rêve et le traumatisme, entre le paradis et l’enfer. L’imagination, la grandeur et la splendeur sont les maîtres mots, tout comme la « face cachée » de la ville. Car si Bruges semble être une destination de rêve pour beaucoup, la pauvreté, la solitude, la pollution ou l’angoisse se cachent également dans ce monde à l’image parfaite.

La Triennale de Bruges 2021 : TraumA génère un discours discordant faisant place à l’imagination, la beauté, l’obscurité et la complexité. Un espace dans lequel les 13 artistes et architectes explorent tant la scène que les coulisses poussiéreuses.


Les œuvres engagent un dialogue ou une confrontation avec la ville, ses habitants et ses visiteurs. Les Brugeois ont été impliqués dans certaines de ces créations, dont, entre autres, celle d’Amanda Browder. Cette année, la Triennale de Bruges ne se contente pas de rester au cœur de la ville, elle se déplace également vers la périphérie et vers Zeebruges.


AMANDA BROWDER (US) — HAPPY COINCIDENCES — VERVERSDIJK 16

Amanda Browder (°1976) est réputée pour ses interventions artistiques dans des environnements urbains. Ses installations textiles de grande envergure ont été présentées dans le monde entier sur diverses formes architecturales, comme des bâtiments et des ponts. Dès le début, l’artiste tente toujours d’impliquer la population locale dans son processus de création. Les sculptures textiles se composent de matériaux collectés ou donnés, des morceaux de tissu et d’étoffe qu’elle agence et coud avec les communautés locales. La riche histoire d’un lieu ou une promenade dans différents quartiers sont ses principales sources d’inspiration, à l’instar des histoires personnelles partagées lors des moments de co-création.

Happy Coincidences relie le présent au passé de manière sublime. L’installation textile du Verversdijk fait référence aux teinturiers qui utilisaient la reie au Moyen Âge pour teindre les tissus flamands. Après une collecte, l’artiste s’est mise au travail avec un groupe de volontaires pour photographier les pièces et coudre les pièces de textile. Le résultat peut être admiré dans ce collage numérique et dans trois toiles qui seront successivement exposées sur d’autres lieux de la ville: Silo House of Time | Komvest 45 - Wulpenstraat 47 | 24 mai > 16 juillet - Kantmuseum | Balstraat 16 | 16 juillet > 3 septembre - Ingang parking Biekorf | 3 septembre > 24 octobre.


NADIA KAABI-LINKE (TN/UA/DE) — INNER CIRCLE — BURG

Kaabi-Linke (°1978) utilise divers médias, symboles et codes et s’interroge également sur des thèmes principalement socio-psychologiques tels que la perception, la mémoire et la formation de l’identité. D’une manière visuellement puissante, l’artiste réunit la beauté et la violence, le raffinement et la brutalité, le sublime et le vulgaire.

Inner Circle, un ensemble de bancs ornés d’épingles brillantes, interdit les rencontres. L’installation se fonde sur une étude des plaquettes, des plaques sur les façades faisant référence à des clubs ou associations exclusives, qui utilisent souvent le cercle comme forme de base à Bruges. Avec Inner Circle, Kaabi-Linke souhaite s’intéresser à ces groupes élitistes, mais également à d’autres cercles sociaux, où la frontière entre hospitalité et exclusion est souvent ténue. Sa sculpture brillante attire l’attention sur ce qui est habituellement tu et accentue le vide qui occupe une position centrale.


NADIA NAVEAU (BE) — LES NICHES PARTIES — AUGUSTIJNENREI 7

La sculptrice Nadia Naveau (°1975) est connue pour ses diverses expériences avec les formes, les couleurs et divers matériaux tels que la céramique, le bronze et le polyester. Ses sculptures ressemblent à des collages tridimensionnels et la nature éclectique des œuvres d’art évoque diverses associations. Il n’est pas rare que les visiteurs reconnaissent simultanément tant des personnages de Disney que des sculptures de maîtres classiques dans une sculpture. L’œuvre de Naveau est comme une histoire qui ne peut jamais être entièrement comprise, et occupe un terrain intermédiaire entre la sérénité et le chaos, entre le laid et le beau. L’œuvre de Naveau propose ainsi une réponse alternative à la consommation incessante d’images au XXIe siècle.

Les Niches Parties égaient l’Augustijnenrei (le canal Augustijnen) avec une enfilade de masques brillants, ornés de rubans colorés. L’installation reflète l’atmosphère festive que Naveau a connue lors de son voyage au Mexique, où des drapeaux colorés animent les rues. Elle fait également référence à la fonction de communication des drapeaux : en tant que diffuseurs d’un avertissement, d’un message ou d’une idéologie.


NNENNA OKORE (US/NG/AU) — AND THE WORLD KEEPS TURNING — POERTOREN / BEGIJNENVEST

La carrière artistique de Nnenna Okore (°1975) est fortement influencée par ses origines et son parcours de vie. Fille de deux universitaires, elle a essentiellement passé sa jeunesse dans la ville nigériane de Nsukka. La famille vivait sur le campus universitaire et l’artiste a découvert la vie locale sur les marchés et dans la campagne. Les sculptures et les installations d’Okore ont absorbé et incorporé ces impressions : des maisons en torchis avec un toit en zinc, des piles de bois de chauffage contre des murs fissurés, des personnes portant des vêtements en lambeaux et des tissus rugueux. L’artiste utilise principalement des techniques répétitives et nécessitant beaucoup de travail, comme le tissage et la couture. En utilisant des tissus et textures bruts et des matériaux écologiques tels que l’argile, la corde, le tissu, les bâtons et le papier, les œuvres ont un aspect naturel et organique.

Pour le tissu monumental And the World Keeps Turning, Okore s’est inspiré des façades en briques communes de Bruges et de la technique de la dentelle. L’installation textile accentue la forme de la tour, vestige de la fin du Moyen Âge, dans laquelle était stockée la poudre à canon. L’installation d’Okore est une métaphore sur la façon dont le temps s’immisce, s’égrène et se déplace littéralement comme un cercle, à l’instar du soleil.


HENRIQUE OLIVEIRA (BR) — BANISTERIA CAAPI (DESNATUREZA 4) — POTTENMAKERSSTRAAT 1

Les sculptures d'Henrique Oliveira (°1973), suspendues au mur ou isolées et environnements, sont toujours réalisées à partir de déchets récupérés sur des chantiers de construction brésiliens : métal, mousse et contreplaqué. Oliveira assemble les différents éléments, chacun avec ses propres couleurs et formes, en éléments idiosyncratiques qui prennent la forme de grandes branches, de racines ou de troncs d’arbres. L’artiste intègre habilement ces structures dans le contexte architectural, de telle sorte que la frontière entre la sculpture et son environnement s’amincit. L’ensemble fait naître une vie nouvelle et étrange. Les formes hybrides soigneusement construites font référence tant à la nature qu’à la pollution environnementale causée par diverses activités sociales.

Les vestiges archéologiques cachés de la première enceinte médiévale de la ville ont inspiré Oliveira pour son projet à Bruges. Les branches en bois de Banisteria Caapi (Desnatureza 4) rampent sur les bordures en pierre jusqu’à l’eau, comme si la nature avait carte blanche derrière les jardins clos. Mais l'installation est trompeuse, les branches, artificielles, imitent la nature avec virtuosité. L’artiste joue de manière subtile avec ce que nous voyons tous les jours dans la ville et ce qui se cache derrière cette réalité. Et comment nos vies peuvent être influencées par des choses inconsciemment présentes dans notre environnement.


HANS OP DE BEECK (BE) — DANSE MACABRE — SINT-MAARTENSPLEIN

L’artiste multidisciplinaire Hans Op de Beeck (°1969) suit un parcours artistique remarquable. La liste de ses pratiques est longue, allant de la sculpture et de l’installation à la vidéo et à l’opéra, en passant par la photographie et l’aquarelle. Au cours du processus de création, l’artiste s’écarte souvent de situations familières et leur confère une tournure inhabituelle. Avec ses œuvres fortement mises en scène, l’artiste souhaite insinuer un sentiment de paix et inciter le spectateur à la contemplation : à réfléchir sur lui-même, sur la société, sur le sens de la vie et de la mort.

La sculpture monumentale et monochrome Danse Macabre évoque un sentiment tant de nostalgie que de mélancolie. Le carrousel est gris, les chevaux et les voitures semblent pétrifiés. Dans ce manège, le temps semble figé, le moteur s’est arrêté et toute gaieté a disparu. Il a quelque chose d’effrayant et oscille entre le rêve et le cauchemar.


ADRÍAN VILLAR ROJAS (AR) — FROM THE SERIES BRICK FARM — DIFFÉRENTS SITES Á BRUGES ET ZEEBRUGGE*

Adrián Villar Rojas (°1980) mène une vie essentiellement nomade et se concentre principalement sur des installations à grande échelle in situ. Il y dépeint l’idée de la fin de la civilisation humaine ou de l’émergence d’une culture futuriste. Pour chaque projet, Villar Rojas met en place un studio nomade avec une équipe de scientifiques et d’architectes. Pour chaque projet, le studio se plonge dans le contexte politique, socioculturel et géographique du lieu : allant des conversations avec les résidents à un séjour temporaire dans le quartier pour lequel l’installation est conçue, suivant des concepts tels que la finitude, le caractère temporaire et l’éphémère. Selon l’artiste, l’art contemporain ne doit pas être éternel. Ses installations sont souvent démontées et les pièces récupérées pour de nouvelles créations.

Les nids d’oiseaux de Villar Rojas appartiennent à la série From the Brick Farm. Le titre fait référence au moment où son équipe a trouvé des nids du Fournier roux dans une usine de briques à Rosario. L’oiseau réalise de belles structures qui correspondent, en termes de forme, aux anciens fours à boue conçus par les premiers peuples agraires d’Argentine, du Brésil et d’Uruguay. Dans ce cadre, il est frappant que les oiseaux construisent toujours leurs nids sur des structures humaines et les restaurent en permanence. Quel que soit l’endroit où vous trouvez ces nids, il est impossible d’affirmer s’il s’agit de nids authentiques ou artificiels. L’artiste nous fait ainsi réfléchir à la manière dont les artefacts naturels et humains sont étroitement et mutuellement liés.

* En collaboration avec Beaufort




















Triennale de Bruges 2021 : TraumA, Bruges, divers lieux

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2021. Tous droits réservés