Expositions en cours

Shadowily in different tongues

Galerie ifa, Stuttgart (Allemagne)

21.03 - 13.07.2025

PrécédentSuivant

Communiqué de presse


L'exposition Shadowily in different tongues rassemble des artistes et des communautés locales qui résistent aux processus sociaux et politiques qui conduisent la planète Terre et ses habitants, humains et non humains, au bord de l'épuisement. Ces voix venues de diverses régions – du Mexique ou du Groenland notamment – s'élèvent contre l'exploitation de la nature et des hommes – comme l'exploitation minière destructrice, l'empoisonnement et le gaspillage de l'eau, la monopolisation et l'extraction du savoir – autant d'actes qui modifient et détruisent les habitats. Ils défendent une pluralité de langues et de formes de vie.


































 


















































English
Deutsch





























Les artistes et les communautés participants développent des contre-mondes qui puisent dans le temps profond et des mémoires localisées, encore praticables. Ils créent des espaces de convivialité propices à l'action et rendent perceptible la façon dont nos corps sont liés à tous ceux qui nous entourent : par le mouvement, le langage, le récit, la transmission du savoir ou les repas en commun. En observant, en enregistrant, en créant de nouvelles configurations et en spéculant, les artistes créent des univers picturaux, des savoirs et des formes de témoignage. Ils réhabilitent les souvenirs et façonnent des avenirs renforcés par la communauté en créant des moments de convivialité. Les pratiques qui unissent Shadowily dans différentes langues font appel à la solidarité et à la justice comme autant d'opportunités de connexion et de célébration de différentes formes de cohabitation.

Les collectifs Tequiocalco, Calpulli Tecalco et Colectiva Milpa urbana mettent en œuvre des stratégies pour défendre les territoires et les langues qu'ils possèdent, terres assiégées par un extractivisme implacable. Ces territoires abritent depuis longtemps leurs communautés. Pourtant, aujourd'hui, les forces du capital extraient les minéraux, polluent l'eau et privatisent les semences et les savoirs ancestraux, transformant les richesses héritées en biens jetables. Des luttes similaires se déroulent au Groenland, où Lise Autogena et Joshua Portway documentent le conflit de Narsaq, où une montagne riche en uranium est en jeu. Crisanto Manzano Avella, cinéaste zapotèque, accompagne sa communauté depuis plusieurs décennies, son appareil photo à la main, documentant traditions, festivités, musique et luttes politiques. Les photographies de Tina Modotti perpétuent la mémoire de la vie au Mexique dans les années 1920 et 1930, marquée par les mouvements révolutionnaires, ainsi que par les modes de vie et les traditions des populations indigènes et de la classe ouvrière. Le travail des deux artistes est une forme de mémoire et un portail vers des histoires oubliées et des combats partagés.

Les œuvres de Minia Biabiany, Katya Mora, Edith Morales et Karen Michelsen, avec Luz Y Color et Alejandra Ambukka Tafur, articulent un lien intime entre le corps et le territoire. Elles remettent en question les systèmes cognitifs dominants et ouvrent les portes de la spiritualité, de l'intuition et de la poésie, explorant les continuités coloniales et retraçant les traumatismes ancrés dans les corps et les cicatrices qu'ils ont laissées. Elles suivent les parcours diasporiques des peuples et offrent aux voix un espace pour raconter des histoires cachées, réprimées ou inaudibles, confrontant les inégalités structurelles et cherchant un moment de guérison. Dans les œuvres de Susanne Kriemann et du collectif Panósmico, la matière témoigne, réfléchissant sur les liens entre capitalisme, colonialisme et industrie pétrochimique. De nouveaux spécimens et objets sont créés, documentant l'imprégnation biologique et culturelle du plastique dans notre culture de consommation et se prolongeant comme autant de spéculations sur l'avenir.

Les artistes Bruno Varela, Naomi Rincón Gallardo, Keiko Kimoto et Gabriel Rossell Santillán s'inspirent de perspectives et d'univers visuels divers, allant du savoir ancestral Abya Yala (américain) et de la pensée autochtone critique à des concepts contemporains tels que la théorie queer, les cyborgs et le posthumanisme. Leurs œuvres spéculatives remettent en question les normes existantes, sont rebelles et exubérantes, et révèlent les blessures laissées par le système colonial-impérial et la violence qui lui est associée.

Cette exposition se veut un lieu de résistance et de réflexion. Elle invite les visiteurs à faire face au passé, à développer de nouvelles perspectives et à rechercher des voies plus justes pour un avenir commun.


















Expositions en cours et à venir

Exposition du 21 mars au 13 juillet 2025. Galerie ifa Stuttgart, Charlottenplatz 17 - 70173 Stuttgart (Allemagne). T. +49 711 2225 173. Ouverture du mercredi au dimanche de 12h à 18h. Fermé lundi, mardi et jours fériés. Entrée libre







 





 



























 





 











Resiliencia Tlacuache, 2019. © Naomi Rincón Gallardo. Photo: Claudia López Terroso.


Resiliencia Tlacuache, 2019. © Naomi Rincón Gallardo. Photo: Claudia López Terroso. Shadowily in different tongues, Galerie ifa, Stuttgart (Allemagne)

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2025. Tous droits réservés