Piero Gilardi, Effets collaboratifs, Van Abbemuseum, Eindhhoven

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Piero Gilardi, Effets collaboratifs
Van Abbemuseum, Eindhhoven (Pays-Bas)
08.09.2012 - 06.01.2013







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Traduction du communiqué de presse


Le Castello di Rivoli, Van Abbemuseum et le Nottingham Contemporary se sont réunis pour présenter une exposition consacrée aux 22 premières années du travail artistique et socio-politique de Piero Gilardi. Figure catalytique importante du mouvement de l’Arte Povera concentré à Turin dans les années 1960, le dévouement utopique et désintéressé de Gilardi a fait de l’artiste l’une des personnalités les plus importantes dans l’Europe Occidentale et l’Amérique du Nord, mais des plus célèbres. Son vaste réseau et sa nouvelle conception de l’exposition basée sur le collectif et le projet commun furent cruciaux pour deux expositions internationales définissant alors le post-minimalisme, « Op Losse Schroeven » (Stedelijk Museum, Amsterdam, 1969) et « When Attitudes Become Form » (Kunsthalle de Berne et ICA de Londres, 1969). Alors que la relation de Gilardi à la ville de Turin est d’évidence de longue durée et bien documentée, les expositions à Eindhoven et Nottingham sont une première aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. Effets collaboratifs est une exposition originale qui suit les diverses et radicales activités de Gilardi dans le domaine socio-politique, bien au-delà des contours du monde de l’art : son immersion dans l’extrême-gauche en Italie, son implication dans le mouvement anti-psychiatrie, son travail avec des groupes de jeunes de différentes origines, son inspiration tirée du théâtre de rue. Sa préoccupation principale, en relation avec la recherche de nouvelles formes collectives radicales de vie, tant sur le plan artistique que social, révèle Gilardi comme un précurseur important de l’art « relationnel » et des courants théoriques des deux dernières décennies.


L’exposition monographique est en elle-même mise à rude épreuve par cette exposition de Gilardi, comme le révèle son titre contradictoire. Les seuls objets faits par l’artiste lui-même montrés dans l’exposition ont été réalisés au cours des trois premières années de la période qu’elle couvre. Il s’agit de sculptures faites d’éléments en polyuréthane reproduisant fidèlement le monde naturel, qui prennent toute leur force avec ses célèbres Tapis Nature, qui épousent la forme de morceaux artificiels de paysage. Mais ces premières œuvres ont été conçues également pour être utilisées et partagées : Gilardi voulait que les gens s’allongent dessus, s’en emparent et les emportent. Ils ont vite été montrés dans les principales galeries internationales d’avant-garde, leur commercialisation réussie poussant alors Gilardi à arrêter leur production, ainsi que celle de ses autres projets, juste au moment où le mouvement de l’Arte Povera qu’il avait contribué à monter et à conceptualiser prenait de l’ampleur. Son atelier et celui de Michelangelo Pistoletto avaient en effet été les lieux de réunion du mouvement à sa naissance. Bien que Gilardi partage avec de nombreux artistes de l’Arte Povera une préoccupation alliant nature et culture, l’artificialité Pop et la nature industrielle de ses objets extraordinaires restent en contraste marqué avec la matérialité pleine et active des œuvres les plus associées au mouvement.


L’autre moitié de l’exposition se concentre sur le travail créatif et politique de Piero Gilardi après sa décision de renoncer à l’objet. Il s’agit de la première exposition analysant ce travail dans les domaines sociaux et politiques au-delà du monde de l’art, comme une continuation de sa pratique artistique radicale. Vu sous cet angle, Gilardi a été poursuivi par le désir omniprésent de sa génération de fusionner l’art et la vie, alors que beaucoup d’autres artistes se sont vite arrêtés. Cependant, la conséquence d’avoir poursuivi cette démarche entière et authentique, hors du système de soutien des structures institutionnelles, a inévitablement mais paradoxalement conduit à exclure cette pratique de l’appréhension de la carrière de Gilardi.


Cette exposition et le catalogue qui l’accompagne cherchent à rétablir les activités collaboratives de Gilardi dans divers domaines relevant du social pour une compréhension radicalement étendue de sa pratique. Elle s’achèvera juste avant un programme à grande échelle d’initiatives d’art public sur Gilardi, à commencer par le projet « Ixana » à Paris, caractérisé par un intérêt croissant pour la convergence des domaines de l’art, de la science et de la technologie, qui a abouti ces dernières années au Parco Arte Vivente dans le quartier industriel Lingotto de Turin, creuset original de la longue révolution italienne des années 1960 et 1970.



Exposition du 8 septembre 2012 au 6 janvier 2013. Van Abbemuseum, Bilderdijklaan 10 - Eindhoven (The Netherlands). T.: +31 040 238 10 00. Opening hours : Tuesday - Sunday 11:00 - 17:00.






L’exposition est organisée par Andrea Bellini (Castello di Rivoli), en collaboration avec Diana Franssen (Van Abbemuseum).










Piero Gilardi, (détail) "Granoturco caduto," 1968.
Photo: Peter Cox.


Piero Gilardi, (détail) "Granoturco caduto," 1968. Photo: Peter Cox.

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